Approche historique de la ville de Batea
Certains historiens ont identifié Batea à une importante cité de l’Ilercavonie (citée par Ptolémée), connue sous le nom d’« Adeba ». Cette hypothèse fait toutefois débat, mais il est évident que Batea, comme le reste des localités de la comarque de la Terra Alta, est d’origine protohistorique.

Il existe des vestiges de plusieurs villages ibères situés sur le territoire de Batea, ainsi qu’un tronçon de 3 km de l’ancienne voie romaine qui reliait le port de Dertusa (Tortosa) aux villes de l’intérieur de la province de Tarraconaise, telles qu’Ilerda (Lleida) et Caesaraugusta (Saragosse). Le tracé correspond à l’ancien chemin des Massalocans, qui relie Batea à la Pobla de Massaluca, et constitue le principal témoignage du passage des Romains à Batea.

Après la conquête du territoire sur les Arabes en 1153, Batea est mentionnée pour la première fois dans un document écrit. Il s’agit de la charte de donation de Ramon Berenguer IV aux Templiers de Miravet. En 1181, deux concessions d’Alphonse I font référence à Batea et à l’Algars. Il accorde une charte de peuplement aux futurs habitants selon le for de Saragosse, tout en concédant les deux châteaux, selon le for de Barcelone, au chevalier Bernat Granell, qui en assura effectivement la mise en œuvre. Quelques années plus tard, les Templiers exigèrent et récupérèrent la seigneurie de Batea et de l’Algars.
Lorsque, en 1317, les Hospitaliers héritèrent des biens des Templiers, Batea, Pinyeres et l’Algars faisaient partie de la baillie de Miravet, qui sera connue par la suite sous le nom de Castellanie d’Amposta.

Après plusieurs siècles marqués par de nombreuses guerres et épidémies, la prospérité économique et démographique arrive au XVIIIᵉ siècle. Elle se manifeste par la construction de la nouvelle église paroissiale de Sant Miquel, par l’expansion agricole au-delà du territoire communal et par l’agrandissement du village.
Durant la guerre civile espagnole (1936-1939), la ville se trouve en arrière-front du front de l’Èbre et accueille de nombreux hôpitaux de campagne.
